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La revue L'Histoire n° 362 consacre son dossier de mars au procès Eichmann, le « Nuremberg du peuple juif ».

La présentation interroge « la banalité du mal » mise en avant par Hannah Arendt : la vision d’un homme ordinaire, un bureaucrate insignifiant qui peut devenir un rouage aveugle, sans passion ni morale, d’un système totalitaire.

La biographie de David Cesarini change totalement le regard : l’accusé n’est pas une personnalité banale, un exécutant routinier, mais bien un militant nazi, armé de convictions antisémites, un homme de terrain, actif d’abord dans la SS autrichienne. Spécialiste de l’émigration forcée des Juifs, il devient en 1942 le principal organisateur de la destruction massive.

Le procès d’Eichmann fut bien celui d’un individu pleinement responsable de ses actes. Sa culpabilité ne peut être diluée dans les eaux fangeuses d’un système criminel.

Sylvie Lindeperg consacre deux pages à la présence de la télévision et au rôle de Léo Hurvitz : Caméras dans le prétoire. Dans Nuit et Brouillard, un film dans l'histoire, elle traite des utilisations de l'oeuvre d'Alain Resnais par l'accusation au cours du procès.

au sommaire :
Annette Wieviorka, Eichmann : le procès qui fait entrer la Shoah dans l'Histoire
David Cesarini, Comment on devient Eichmann
Hannah Yablonka, « Le Nuremberg du peuple juif »
SylvieLindeperg, Caméras dans le prétoire
Henry Rousso, « Un laboratoire de justice » (entretien)

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source : Eichmann:Trial as National Catharsis (June 8, 1961)
USHMM Holocaust Encyclopedia
un détail : dans L'Histoire, à droite, l'écran de projection a disparu du cliché recadré ...

2 adresses signalées par Nicole :
- « Un spécialiste: portrait d'un criminel moderne », réal. Rony Brauman et Eyal Sivan, 1998.
- « Contrairement à un mythe répandu, Cesarani nous rappelle que Eichmann a eu une enfance tout à fait ordinaire et une adolescence sans problème ». Jean-François Dortier, La « banalité du mal » revisitée, Sciences Humaines - avril 2008 ?