06 février 2011

Les facéties de la bibliométrie

A votre choix, plusieurs sources pour une même réalité :

Si vous courez après la dernière annonce,
- « 24 heures au cœur de la recherche »
« L’excellence » et la « performance » en 89 caractères ?
Un agenda d'une militante (accessoirement ministre …)
http://tinyurl.com/5u4ec8v

- ou encore La revue de presse classique :
Peut-on évaluer la recherche ? (Publish or Perish)
Philippe Jacqué (Le Monde 04/02/2011) cite un avis de l’Académie des sciences et le point de vue d’Yves Gingras. L’application à la vie intellectuelle d’un management venu du privé (Mac-do) est source de « toutes les dérives et tous les détournements »
En illustration, Ike Antkare, un chercheur en informatique dont l’H-Index est monté à 90 points (2 fois plus que les scientifiques les plus réputés).
L’avis de l’Académie en 70 pages est en ligne au format pdf
http://www.sauvonsluniversite.com/IMG/pdf/avis_170111.pdf
http://www.academie-sciences.fr/actualites/textes/avis_170111.pdf

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- Tendances actuelles en bibliométrie : panorama des ressources, évolution, perception
A conditionner de débourser 5 euros.
http://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2009-4-p-44.htm

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- Les facéties de la bibliométrie . Comment devenir le chercheur du mois
Pierre Jourde, Le Monde diplomatique déc 2008
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/12/JOURDE/16610
Un point de vue de 2008 toujours pertinent.
Tout l’intérêt de la veille au long cours et l’archivage dans la durée.

 PJ questionne la légitimité et les méthodes de l’AERES, tout comme l’obsession d’un management du travail de recherche par le chiffre. Il faut allusion à Anne-Wil Harzing (Melbourne)
« La quantité des citations mesure les modes intellectuelles, les positions de pouvoir et l’audience d’un auteur plus que la qualité de l’article cité ; [un tel management] ne peut produire qu’un aplatissement et une servilité de la pensée ».
Aristote et Platon jugés par la bibliométrie ? Des intellectuels très médiocres…
« Le facteur d’impact de Laurent Lafforgue était nul lorsqu’il a obtenu la médaille Fields. Bref, n’importe quoi ».


Un détour par les blogs et les blogs militants ?
- « L’excellence »  ... refusée  par Sauvons la recherche
http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3141

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- En 2011, l'INRIA va recruter le nombre phénoménal de... 5 jeunes chercheurs.
Le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération
http://sciences.blogs.liberation.fr/

- Le blog de David Monniaux - 31janvier 2011
« Le premier et le deuxième principes de la thermodynamique devraient faire partie de la culture générale ».

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- Un détail, Ike Antkare (prononcer " I can't care ", " Je m'en fiche ") n'existe pas.
Vousnousils : http://tinyurl.com/vous-no-antkare
C’est une fiction efficace créée par Cyril Labbé.
La supercherie est connue (cf Google en décembre 2010), mais elle n'a toujours pas disparu de Google Scholar

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SES : l'Appel de Vitruve

Appel de Vitruve - Les sciences sociales au lycée, un enjeu démocratique
samedi 5 février 2011 - sur le site de l'APSES : http://www.apses.org/initiatives-actions/

Les contenus et modalités d’enseignement sont le reflet des finalités confiées à l’école par chaque société. A l’heure où les citoyens sont plus que jamais demandeurs d’éléments d’explications sur les tenants et les aboutissants de la crise économique et financière, sur les débats relatifs aux inégalités, aux réformes de la protection sociale ou de la fiscalité, aux enjeux de la mondialisation et du développement durable, aux débats concernant la procréation, le mariage, la parentalité, les sciences sociales – économie, sociologie, science politique et anthropologie notamment - apparaissent comme un instrument privilégié de formation intellectuelle des élèves, leur permettant d’acquérir des savoirs, grilles d’analyse et postures intellectuelles réflexives essentiels pour se comporter en acteurs éclairés. Notre société peut-elle se passer de citoyens mieux outillés, mieux informés et plus rationnels dans leur rapport aux débats démocratiques ?

La réforme du lycée a instauré en classe de seconde l’obligation pour les lycéens de choisir deux « enseignements d’exploration », parmi lesquels doit figurer au moins un enseignement d’ « économie » à choisir entre l’enseignement de Sciences Economiques et Sociales et un enseignement d’économie-gestion. L’enseignement de SES a été choisi par 85% des élèves cette année, ce qui confirme l’attractivité forte des sciences sociales au lycée depuis leur introduction il y a quarante ans. C’est une excellente chose qu’un plus grand nombre de lycéens ait accès à cette « troisième culture », aux côtés des humanités et des sciences de la nature. Il convient cependant de s’interroger sur les conditions déplorables de cette progression. Les SES héritent du statut « d’enseignement d’exploration » mais, contrairement à d’autres enseignements qui partagent ce statut, l’ « exploration » ne peut pas s’appuyer sur les acquis d’un enseignement obligatoire au collège ou en seconde. Cette spécificité n’est pourtant pas prise en compte. Avec un volume horaire réduit à 90 minutes par semaine en classe entière dans la plupart des établissements et un programme encore plus ambitieux que par le passé, la qualité de l’enseignement des SES en seconde connaît une dégradation sans précédent. En si peu de temps et dans ces conditions, l’acte pédagogique se réduit bien souvent à un survol, sans que les élèves ne puissent véritablement s’approprier les concepts, méthodes et raisonnements des différentes sciences sociales qu’ils découvrent.

Exclues du tronc commun de seconde, alors qu’elles sont absentes du collège et constituent la discipline centrale de la série ES (deuxième série du baccalauréat général en effectifs), les SES ont pourtant toute légitimité à être enseignées de façon obligatoire en seconde avec un horaire adapté à l’ambition des programmes, à la hauteur de la contribution de cet enseignement à la formation citoyenne des élèves. C’est pourquoi nous demandons au Ministre de l’Education Nationale que les SES, plébiscitées par les lycéens, ne soient plus traitées comme un « enseignement d’exploration » parmi d’autres mais soient intégrées dans le tronc commun de la classe de seconde avec un horaire revalorisé, comprenant des dédoublements obligatoires, sans lesquels l’initiation aux démarches spécifiques des sciences sociales ne peut être sérieusement envisagée.

Les premiers signataires de l’appel

- Christian Baudelot, Professeur émérite de sociologie à l’Ecole Normale Supérieure
- Stéphane Beaud, Professeur de sociologie à l’Ecole Normale Supérieure
- Julien Fretel, Professeur des universités en Science politique
- Marjorie Galy, Présidente de l’APSES
- Maurice Godelier, Anthropologue, Directeur d’études à l’EHESS
- Bernard Lahire, Professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure
- Nonna Mayer, Directrice de recherche au CNRS en science politique
- André Orléan, Professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris, Directeur de recherche au CNRS
- Thomas Piketty, Professeur d’économie à l’Ecole d’économie de Paris, Directeur d’études à l’EHESS
- Pierre Rosanvallon, Professeur au Collège de France,
- Marie-Claire Villeval, DR au CNRS, présidente de l’Association Française de Sciences Economiques

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