27 décembre 2010

retour sur Pisa

-- Le grain à moudre, 21/12/2010 - « 18ème au PISA, mais championne de l’échec scolaire : pourquoi notre école continue de dégringoler ? »
Si le titre décliniste et les habituelles obsessions d'un des animateurs ne vous ont pas déjà fait fuir, une émission à écouter au format mp3
avec
Nathalie Mons (Paris Est),
Marie Duru Bellat (Dijon)
Christian Forestier

- Plaidoyer pour une lecture globale de Pisa : les médias se sont précipités à leur habitude sur l'anecdotique, et n'ont vu que le classement pays par pays (à l'école, cela reviendrait à lire une note sur 20 en considérant d'abord la 2e décimale !)
CF voit 2 moitiés : dans ce pays, l'Ecole réussit bien pour une moitié des élèves, "ceux qui ne visent pas l'entrée à Polytechnique" (MDB épingle cette formule de CF à la fin), voire très bien pour une minorité excellente,  elle échoue pour l'autre moitié.
Une partie de l'émission questionne le rôle de l'immigration (1ere et 2e génération).

- Pisa 2009 a un autre défaut : il ne mesure pas l'impact de la politique menée par Darcos et Chatel. La démolition de la carte scolaire aggrave les difficultés des élèves et des enseignants dans les établissements déclassés. Cette politique renforce la ségrégation sociale et génère des ghettos, alors que les pays qui brillent dans Pisa s'intéressent aux élèves en difficulté pour le plus grand profit de tous les élèves. NM souligne aussi le rôle du temps scolaire et de sa gestion.

- MDB incite à regarder la réalité politique et sociale en face. Les discours vantent la lutte contre les inégalités, mais qui veut d'une vraie mixité scolaire ? Pas les parents des beaux quartiers dont les enfants tirent parti du système actuel.

- La tentation des politiciens est de chercher chez nos voisins une recette isolée et simpliste (les 80 % au bac ?). NM souligne que les spécialistes divergent sur les solutions possibles. Elle rejette toute transposition d'une solution isolée coupée du reste des pratiques sociales. L'émission se termine sur l'écart entre le temps des politiciens et celui de l'Ecole, plus proche du « temps d'un forestier » ... :-)

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-- Classement Pisa : quand nous aimons tester l’éducation
Nathalie Mons - Paris-Est dans Libération 24/12/2010

d'après l'article :
Un test comme Pisa sert des objectifs multiples :
. mesurer la « production » en éducation (sur une échelle de performances) ;
. mettre en concurrence les pays, censés se réformer [dans le sens libéral-sécuritaire] pour  « s'améliorer » ;
. légitimer l’action publique, les statistiques rassurant sur le sérieux du discours ;
. rendre des comptes aux citoyens (un alibi, via la mobilisation des médias autour des  « performances » mesurées).
L’application de l’idéologie du New Public Management à l’ensemble des services publics n’est pas loin, du moins là où la privatisation intégrale progresse trop lentement aux yeux des néo-libéraux.

L'analyse aurait pu donner plus de rôle aux choix des médias dominants dans la hiérarchie de l'information et dans l'angle de lecture de la réalité sociale.

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Ce que nous dit la neige

Un Noël au bord de la crise de nerfs
http://www.liberation.fr/vous/

Pagaille à Roissy
http://www.liberation.fr/societe/

Les compagnies lient la pagaille de Roissy à la mauvaise gestion d'Aéroports de Paris - Le Monde
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/25/

Le 21 décembre, Siim Kallas, le commissaire aux transports, s'est déclaré "extrêmement préoccupé par le niveau des perturbations que la neige a causées pour voyager en Europe". Jugeant la situation "inacceptable", il a évoqué l'adoption de mesures conduisant à imposer "des exigences de service minimum pour les aéroports".

Ce que nous dit la neige, Libération, 28/12/2010

Pour Christophe Bouton (philo, Bordeaux III) lles difficultés liées à l'épisode neigeux montrent « que lorsqu’elles sont en vacances, ces personnes vivent selon la même temporalité que dans leur travail : celle de l'urgence et du flux tendu... »
A moins que ce ne soit un temps dominé par d'autres (horaires de travail, calendrier de congés...)

Il y aurait surtout beaucoup à écrire sur une société dite de « communication » face à une situation de crise, liée à la nature ou aux rapports sociaux. Quant aux thatchériens de Bruxelles, avant de verser des larmes de crocodile, ils devraient plutôt s'interroger  sur les dégâts engendrés par leur idéologie  de la privatisation intégrale et leur obsession de détruire les services publics.

Posté par clioweb à 06:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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