24 octobre 2010

Le point de fusion des retraites

phynance

un billet de Frédéric Lordon sur la perversité intrinsèque du capitalisme financiarisé
- blog La pompe à phynance (23/10/2010)

Au sommaire :
Une " réforme ", mais pour qui ?
Organisation de la décote et capitalisation rampante
Une riche idée : financiariser les retraites en pleine crise financière !
L'ultime verrou de la financiarisation
Sur-fusion, révolution ?

Extraits :
« L’emprise de la finance a rendu la vie de beaucoup de salariés odieuse. Comme si ça n’était pas suffisant, la capitalisation rampante en fera de même avec celle des pensionnés. La finance renflouée aux frais du public, fauteuse de récession, commanditaire de l’austérité, aussi arrogante que toujours, bonus en bandoulière, attend confiante la chute du pactole des retraites. Est-ce que par hasard ça ne commencerait pas à faire un peu beaucoup ? »

« Ce printemps n’a-t-il pas vu l’opinion britannique s’insurger des pénalités dont le gouvernement étasunien a menacé BP ? C’est qu’en effet le cumul des amendes anticipées et des coûts de nettoyage du Golfe du Mexique a divisé par deux le cours de l’action BP… à la très grande fureur des retraités anglais loin des flaques de mazout – car BP est un poids lourd de l’indice Footsie et l’un des plus importants supports des pensions britanniques ! Sous le prétexte bien fondé des retraites capitalisées, les entreprises n’ont donc plus guère de mouron à se faire : elles peuvent exploiter tout leur saoul, polluer autant qu’elles veulent et pactiser avec n’importe quelle junte… »

« S’ils allaient y voir de plus près, les pauvres pensionnés britanniques en auraient les yeux qui dégringolent des orbites à découvrir les proportions phénoménales dans lesquelles se sucrent les principaux gestionnaires de leurs fonds, le pompon revenant à HSBC qui pour 40 années de versements mensuels de 200£, soit un total de 120.000£ (96.000£ plus les avantages fiscaux) se sert sans mollir une commission de… 99.900£, soit un modeste 80% »

« Quelques décennies d’apprentissage ont enseigné aux libéraux la contre-productivité de la « prise de front ». Désormais bien établie, la stratégie de la paupérisation préalable et délibérée des services publics (lato sensu) se montre autrement plus efficace puisqu’il n’est en effet pas de plus sûr moyen de jeter les usagers dans les bras des opérateurs privés que d’avoir auparavant méthodiquement dégradé les prestations des opérateurs publics. Après le service de l’emploi, le transport ferroviaire, la poste, bientôt l’éducation et puis la santé, la retraite n’échappe pas à cette unité de vue stratégique »

« Le capital, dont Marx rappelait qu’il était incapable de résister à l’appel de « ses intérêts les plus bornés et les plus malpropres », s’est donné avec NS le fondé de pouvoir le plus visible, le plus caricatural et le plus détestable – quand le choix de nos amènes socialistes étaient d’une bien meilleure rationalité stratégique de long terme : ceux-là n’ont-ils pas fait avancer la cause du capital dans une parfaite tranquillité au seul prix d’avoir à trémoler régulièrement « justice sociale » et « égalité » entre deux trains de déréglementation (et ne s’offrent-ils pas d’ailleurs à reprendre du service sur le même mode exactement) ? Mais voilà où mène l’hubris des possédants : à tout vouloir ils risquent aussi de tout perdre ».

La pompe à phynance (23/10/2010)

.
- A lire également, Pourquoi les jeunes sont dans la rue - Mediapart 24/10/2010 
un entretien de Sylvain Bourmeau avec la politiste Camille Hamidi (Lyon 2) rappelle que les oppositions sommaires mises en scène par le pouvoir et les médias dominants (lycéens et casseurs) caricaturent une réalité sociale autrement plus riche et plus complexe.
 

Posté par clioweb à 09:09 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Tea Party, une vague de fond ?

Denis Lacorne , Tea Party, une vague de fond - Le Monde Opinions 18/10/20

Extraits :
La mouvement ultraconservateur de la Tea Party est un appel à la rébellion contre l’Etat fédéral. « cette réappropriation d'un passé lointain lancée à tout hasard par Rick Santelli, un journaliste passablement énervé, fut habilement saisi par des militants conservateurs, proches du Parti républicain, qui décidèrent d'utiliser le label de la Tea Party pour signaler leur colère [contre Obama] et contre l'establishment washingtonien ».

« Les plus extrémistes prônent la privatisation du retrait des aides aux chômeurs, la suppression de toute progressivité fiscale, l'abandon du plan de relance voté par le Congrès, la fermeture des ministères de l'éducation et de l'énergie, bref, un chacun pour soi généralisé… »

« Les candidats de la Tea Party sont des amateurs qui ignorent tout de la langue de bois, à leurs risques et périls…
Christine O'Donnell, comme Sarah Palin, s'exprime avec spontanéité sur tout et n'importe quoi, sans faire preuve du moindre recul critique. D'où ces affirmations recueillies par la presse : il faut interdire la masturbation parce que c'est une forme d'adultère ; la preuve que Darwin a tort : on ne voit pas de singes se transformer en êtres humains ; les préservatifs sont inutiles : ils ne protègent pas contre les maladies sexuellement transmissibles ; des scientifiques ont créé des souris qui fonctionnent avec des cerveaux humains...
A force de trop en dire ou de démentir des propos réellement tenus dans le passé, Mme O'Donnell devient la risée des médias, ce qui diminue ses chances de succès lors des élections de novembre ».

« Barack Obama est ainsi décrit comme le traître par excellence, celui qui a rompu avec les Pères fondateurs. Ses origines, disait Glenn Beck, le 28 août sur Fox News, sont celles de tous les progressistes de gauche : "C'est 1848, Karl Marx, le socialisme !" »

Les militants de la Tea Party sont soutenus par des fondations privées comme Citizens for a Private Economy, Americans for Tax Reform, Regular Folks United, Americans for Prosperity ou FreedomWorks. Ces fondations, financées par des partisans de l'ultralibéralisme - comme les milliardaires du Kansas, les frères David et Charles Koch -, utilisent tout le savoir-faire de vieux professionnels de la politique.

Les électeurs américains sauront-ils surmonter « cette maladie infantile de l'ultraconservatisme que le grand historien Richard Hofstadter qualifiait jadis de style paranoïaque en politique américaine » ?

Posté par clioweb à 08:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

expos : Lénine, Staline et la musique

expos :

- Gérôme, le peintre qui maudissait l'art moderne
La rétrospective au Musée d'Orsay, jusqu'au 23 janvier 2011 - Le Monde culture

.
- Lénine, Staline et la musique
Cité de la Musique, du 12 octobre 2010 au 16 janvier 2011
http://www.cite-musique.fr/minisites/1010_lenine/index.htm
.
Le dossier de presse  (24 pages) est à télécharger  à l'adresse
http://www.citedelamusique.fr/pdf/dp_presse/101004_lenine-staline-musique.pdf

La Fabrique du 18/10/2010 avec Pascal Huynh et Nicolas Werth
http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-2948001#reecoute-2948001
La version en mp3 semble foireuse
http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10076-18.10.2010-ITEMA_20247925-0.mp3

« Lénine, Staline et la musique », le choix d'une expo pédagogique - une page web de France-Culture


chagall_violoniste

source : dossier de presse, Cité de la musique


 Au sommaire du dossier de presse :
* Utopies
-- Vers la révolution d'Octobre
  La Russie et les avant-gardes
  Effervescence musicale

-- L'art et la révolution
  La création musicale révolutionnaire
  Hymnes et éducation
  création musicale savante
  protagonistes du renouveau musical
  le courant machiniste
  le voyage en URSS de Prokofiev

-- Révolutions scéniques
  spectacles vivants
  victoire sur le soleil
  l'opéra-studio de Léningrad
  Chostakovitch, le nez
  Meyrehold et la musique
  spectacles révolutionnaires
  mystères et poèmes synthétiques
  vers le réalisme socialiste

** Réalisme socialiste
-- L'idéal soviétique
  La vitrine du régime
  musique légère et patriotique
  nouveaux canons officiels et création indépendante
  (Prokofiev, Chostakovitch, Khatchatourian)
  le rôle des interprètes
  œuvres encensées, œuvres condamnées
  thématiques du réalisme socialiste
   (sabotage industriel, sport, kolkhozes,
   folklore, jeunesse

-- la grande guerre patriotique
  l'identité russe
  les artistes et la guerre
  le blocus de Léningrad

-- Ennemis du peuple
  apothéose de Staline,
  le jdanovisme
  la culture musicale juive
  le goulag

leboulon

source : dossier de presse, Cité de la musique

Posté par clioweb à 06:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,