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Sarah Montard, lors du 67e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv.
Elle a été déportée à Auschwitz en mai 1944 - source Blog Laurent Montard

Témoignage en 3 parties, pour le Mémorial de la Shoah ( après la pub de dailymotion :-)....
partie 1
http://www.dailymotion.com
partie 2
http://www.dailymotion.com/
partie 3
http://www.dailymotion.com/

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- Mme Sarah Lichsztejn-Montard
Témoignage pour le Cercle d'étude lors de la conférence de Gérard Noiriel sur L’immigration juive en France de la fin du XIXe à la  fin de la seconde guerre mondiale (25 juin 2008).
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article55

« Sarah est née en 1928 à Danzig de parents polonais ; elle est arrivée en France à l’âge de 2 ans et demi. Son père, né en Lituanie dans une famille de rabbins, est devenu libre penseur, sioniste de gauche, puis anarchiste en lisant Bakounine et Kropotkine. C’est un intellectuel, poète et journaliste yiddish, enseignant dans une école juive. Il fréquente le cercle des écrivains juifs de Varsovie. Sa mère, née à Malorita, un shtetel près de Brest-Litovsk, vient d’une famille traditionnaliste. Elle a étudié à l’école russe. Elle est couturière à façon. Après la révolution russe et la guerre russo-polonaise, le village est devenu polonais. La situation économique est très dure, l’antisémitisme virulent. Ils émigrent en France, le pays des droits de l’homme, de la liberté et de la douceur de vivre. Ils habitent d’abord dans le XVème où ils côtoient des Russes blancs. Ils déménagent dans le XXème, arrondissement à forte population juive, à Ménilmontant, puis à Belleville. Les logements sont moins chers et ressemblent à des taudis, sans électricité, sans eau, avec des punaises.

Les parents, de gauche, sont surveillés par la police. La mère, ouvrière à domicile, est payée à la pièce, et connaît la morte saison en hiver. Le père, l’intello, travaille épisodiquement dans les journaux juifs ou dans des petits boulots non déclarés. Sans carte de travail, il est reconduit à la frontière espagnole, italienne ou belge, tous les 6 mois et revient clandestinement. Les connaissances de ses parents s’intéressaient tous à la politique et avaient amené le yiddish dans leurs bagages. Ils étaient très pauvres, mais elle était heureuse. Le samedi, quoiqu’il arrive, ils s’évadaient au cinéma. L’essentiel, c’était l’école. Quand, à quatre ans, elle va à l’école maternelle, elle ne parle pas du tout français. Ses parents suivaient des cours de français à l’Alliance française. C’était primordial pour s’intégrer. Ses parents sont pleins de respect pour l’école de la République. Elle se souvient de quelques réflexions antisémites ...  ».

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- Les rescapés, témoigner pour transmettre, n° 6 - 2008 -
extrait :
« Sarah Montard, petite Parisienne, est âgée de 11 ans et demi au début de la guerre. Pour échapper aux bombardements, sa famille l’envoie dans une maison de l’Oeuvre de secours aux enfants (OSE) jusqu’en juillet 1940, sur la Côte d’Azur, où sa mère vient la chercher. Elles reviennent à Paris en passant la ligne de démarcation.

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Sarah et les enfants de l'OSE à Boularis (Côte d'Azur) en 1940
source : Serge Klarsfeld, Mémorial, repris sur le site holocaust-memory.org

En mai 1941, son père est arrêté lors des premières rafles de Juifs étrangers et interné au camp de Pithiviers, dans le Loiret, d’où il réussit à s’évader en août 1941 et entre alors dans la clandestinité.

Le 15 juillet 1942, une amie du lycée prévient Sarah qu’une arrestation massive se prépare et qu’il faut quitter Paris. Mais Sarah et sa mère sont arrêtées le lendemain par la police française. À 14 ans, l’enfance de Sarah bascule. Conduites au Vél’ d’Hiv', elles réussissent à s’en évader le même jour et se cachent chez des amis, puis dans une chambre, à Paris.

Le 24 mai 1944, à 7 heures du matin, deux jeunes inspecteurs en civil viennent arrêter Sarah et sa mère suite à une lettre de dénonciation. Conduites au dépôt du palais de Justice, elles partent le lendemain pour Drancy. Le 30 mai 1944, Sarah et sa mère sont envoyées à la gare de Bobigny d’où elles partent pour Auschwitz, par le convoi n° 75.  Elles arrivent le 2 juin 1944 à Birkenau. Toutes deux sélectionnées sur la Bahnrampe de Birkenau, elles sont affectées dans des Kommandos extérieurs dans lesquels elles effectuent d’exténuants travaux. Séparée de sa mère, elle est envoyée au camp des hommes.

Le 18 janvier 1945, le camp est évacué. Pendant la « marche de la mort » elle retrouve sa mère, et elles arrivent ensemble au camp de Bergen-Belsen. Sarah y attrape le typhus, mais sa mère la sauve.

Libérées par l’armée anglaise le 15 avril 1945, elles reviennent à Paris le 24 mai 1945 et retrouvent le père de Sarah qui avait pu se cacher. Aujourd’hui, Sarah témoigne inlassablement et accompagne régulièrement des élèves à Auschwitz ».

16 mars 1945: c'est aujourd'hui mon anniversaire !
http://www.anti-rev.org/temoignages/Montard96a/body.html

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- Sur le blog de Laurent Montard :

67eme anniversaire de la rafle du Vel d'hiv

Voyage à Auschwitz

Discours du 19 juillet 2009

Sarah prépare un ouvrage dont le titre vient d'une chanson d'Edith Piaf : Chassez les papillons noirs (à paraître début 2011)
 

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Sarah à Granville, le 16 septembre 2010

Le 20, elle est allée témoigner au Lycée La Morandière.