01 septembre 2010

Louis XIV ou l'histoire de l'Afrique

Un article récent du Figaro fait part d’étonnantes oppositions à l’ouverture des programmes d’histoire de 5ème aux sociétés non européennes. Voir : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/08/27/
extraits de l'article :
« À lire la pétition du collectif «Notre histoire forge notre avenir», Napoléon, Clovis et Louis XIV y seraient réduits à la portion congrue au profit de l'étude d'empires africains comme Songhaï ou Monomotapa, de l'empire chinois des Han ou de l'Inde des Gupta. Sous la même bannière, un groupe constitué sur Facebook compte plus de 4.500 membres ».

« Pour Dimitri Casili, un historien spécialiste de la Révolution et instigateur de la pétition, « c'est une bonne chose» d'étudier les autres civilisations, mais à condition que les petits Français connaissent les bases de leur propre histoire » » …
« L'historien Max Gallo, lui, indique que «l'enfer est pavé de bonnes intentions» et craint le «zapping» »

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- Touche pas à mon histoire de France !
C dans l'air, lundi 6 septembre 2010
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1524
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=accueil

Laurent Wirth est présenté comme "docteur en histoire", Dimitri Casali comme "Historien, enseignant, compositeur et directeur de collection". Egalement Fabrice d'Almeida et Jean-Joseph Julaud (L'histoire de France pour les nuls)

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- Réponse et commentaire de Jean-Pierre Chrétien :

Monsieur Max Gallo vaticinant sur l’histoire d’Afrique ne saurait-il apparemment pas qu’il y a des Français au visage noir dans les classes des collèges ? Et d’ailleurs le chef de guerre Chlodwig était-il « français » ?

Quant à l’enseignante X, qui « craint » de ne pouvoir traiter le sujet en une heure, le dossier de la Documentation photographique (juin 2010) sur L’Histoire de l’Afrique ancienne, peut l’aider. A condition de ne pas oublier que le métier de professeur d’histoire ne consiste pas à tout raconter, mais, en l’occurrence, à trouver, selon un choix méthodique, les bons exemples (voire LE bon exemple) de l’historicité de l’Afrique.

Une nouvelle fois on constate dans notre pays un blocage culturel persistant à l’égard de l’histoire de l’Afrique et d’une manière générale à l’égard des civilisations non européennes.
Une rapide enquête sur le net atteste le bruissement (on dit buzz ?) de sites d’inspiration disons nationaliste contre le nouveau programme de 5-4eme ; ce bruissement qui fait ses choux gras d’une opposition terme à terme entre un mépris supposé de Napoléon et Louis XIV et le scandale manifeste à leurs yeux d’avoir à parler du Songhaï et du Monomotapa (gros rires en sous-entendu à ce Café du commerce de l’histoire). Ces commentaires sont notamment animés par un spécialiste de Napoléon, M. Dimitri Casali (voir Le Post, 26/08/2010)

Le côté amusant de cette polémique, c’est la connaissance très particulière de notre propre histoire qui s’y reflète (et qui est recopiée à l’infini sur le net).
Commençons par la citation supposée de Marc Bloch, décidément mis à toutes les sauces ces derniers temps : « Ceux qui ne frissonnent pas à l’évocation du baptême de Clovis et de la fête de la Fédération de 1790 ne comprendront jamais l’histoire de la France » a dit Marc Bloch (selon Casali). La citation exacte, c’est : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France , ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. ». Il suffit de se reporter à la source, L’Etrange Défaite (Albin Michel, 1957, p. 210).
M Casali croit-il vraiment que Clovis a été sacré à Reims avec l’aide de Jeanne d’Arc ? Pourquoi pas celle de Napoléon... ? Pourquoi attribuer à Marc Bloch une admiration inédite pour Clovis ?

Dans le même ouvrage, Marc Bloch réagissait aussi à « l’obsession du politique ». Il écrivait : « Je ne crois nullement plus difficile d’intéresser un enfant aux vicissitudes d’une technique, *voire aux apparentes étrangetés d’une civilisation ancienne ou lointaine* [JPC souligne], qu’à un changement de ministère ». (p.198).

Mais ces personnes veulent-elles réellement « intéresser » les enfants aux réalités humaines dans leur diversité et leurs évolutions ? Ne veulent-elles pas plutôt les gaver de l’imagerie nationaliste dont elles sont imbues ?

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- 05/09/2010 - Napoléon a-t-il perdu la bataille du Monomotapa ?
     L'analyse de Luc Cedelle sur le blog Interro écrite

- 17/09/2010 : Les réacs au piquet !  Médiapart http://www.mediapart.fr/club/

« ... Et vraiment, il est navrant de (voir les médias) tendre un porte-voix à ceux qui, de concert avec notre président, pensent encore que « le drame de l'Afrique,  c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire » ... de France ? »
Laurence De Cock, Suzanne Citron, Jean-Pierre Chrétien

 

 

 

 

 


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Urgences sociales, outrance sécuritaire

Urgences sociales, outrance sécuritaire,
Laurent Bonelli, Le Monde diplomatique, septembre 2010
a venir en ligne dans quelques mois...

Extraits :
« Les faits sont têtus et les assourdissants discours sur la responsabilité individuelle … ne peuvent masquer l’échec… Néanmoins, il ne s’agit pas d’un simple échec de l’option policière et judiciaire qui permettrait un retour au statu quo quante. Chaque mouvement de l’un des acteurs (« gendarmes » ou « voleurs ») joue sur le comportement des autres et influence les mouvements suivants ».

« La plupart des hauts responsables policiers étaient tombés d’accord : seule une police entretenant une présence visible et continue sur le terrain est à même de jouer un rôle utile ».

« En situation de sous-effectifs policiers… les discours sécuritaires portent en germe leur propre échec, puisqu’ils prétendent faire disparaître des comportements sur lesquels ils n’ont de prise qu’à la marge. La seule issue reste la surenchère verbale et législative ».

« Dans la société industrielle, les mécanismes disciplinaires étaient étroitement imbriqués dans le quotidien des individus, le travail, le quartier, l’école, le logement, l’Eglise, le parti ou le syndicat. Ils résultaient d’une multitude de liens, de croyances, de contraintes et leur légitimité restait dépendante des contreparties qu’ils procuraient à ceux sur lesquels ils s’exerçaient…
Il est peut-être temps d’en finir avec la coupure artificielle instaurée entre la petite délinquance et la question sociale, de l’y réencastrer… Le seul mode de gouvernement par l’insécurité qui ait fonctionné durablement fut … l’invention du purgatoire par les clercs catholiques du XIIe siècle ».

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Sûreté et sécurité

- La sécurité de Sarkozy n’est pas la sûreté de la Révolution
Par Guillaume Mazeau, Paris1, IHRF, CVUH - http://www.liberation.fr/politiques/

La «sûreté» des personnes, un des droits naturels et imprescriptibles dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen vise à protéger les individus contre l’arbitraire de l’Etat.
Elle n’a donc rien à voir avec la notion de «sécurité» telle que l’emploie Eric Besson. La «sécurité», la protection contre les violences civiles ne s’est imposé que depuis les années 1980, à la suite de la stratégie électoraliste d’Alain Peyrefitte.

- Sécurité : une offensive préparée à l'Elysée depuis l'échec des régionales
Le Monde 06/08/2010 - 2010/08/06/comment-nicolas-sarkozy-a-prepare-l-offensive-securitaire
Le chef sondages en vacances, Minc aux USA. Selon Le Monde, la dernière sortie a été préparée par Guéant, le discours rédigé par Tandonnet et Goubet, les hommes de Guéant, pas par Guaino.

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