Marcel Gauchet s'exprime dans Le Monde- Société sur l'affaire Woerth-Bettencourt.

Selon lui, « on assiste à une remise en question du pouvoir sarkozien ».

« Ce n'est pas la démocratie en tant que telle qui est remise en question, c'est la manière dont certains en profitent ».

« En France, les élites (un mot que je n'aime pas mais il n'y en a pas d'autres) [et ceux qui défendent leurs intérêts dans les médias et sur internet - Ndlr] ont une haute opinion d'elles-mêmes et ne se rendent pas compte du fossé qui les sépare de la population. Elles entretiennent à son égard un mépris bienveillant. Elles veulent son bien, mais elles estiment que leurs mérites éminents doivent être récompensés ».

« La crise prend complètement à contre-pied le dispositif politique de Sarkozy, à savoir le projet d'une banalisation libérale de la France, pour sortir d'une exception jugée dommageable par les élites ». « La crise a réduit à néant cette belle construction. Dans un premier temps, Sarkozy s'en est très bien tiré, en affichant son volontarisme. Mais les belles paroles n'ont pas eu de suite ». .. « par son style de star égocentrique et autoritaire, il a aggravé le malaise... »

« NS n'a pas le sens de l'institution. Le côté privé du personnage prend toujours le dessus. Il n'arrive pas à être un homme d'Etat ».

Selon M Gauchet, les effets des ces affaires se capitalisent, de la nuit du Fouquet’s à l’affaire Woerth-Bettencourt. Ils alimentent une révolte sourde et peuvent ressurgir de manière incontrôlable.