17 juillet 2010

120 millions de Marketing

dans Libération 16/07/2010 :
- Sarkozy repart en campagne marketing
L’Elysée réorganise sa communication en vue de 2012. Plus de Web, plus de mise en scène et, à la clé, un contrat de 120 millions d’euros. Travestir la pub gouvernementale et la maquiller en contenu d'apparence neutre et objectif. Dans une confusion grandissante entre information et communication, l'enjeu du storytelling est de vendre à chaque groupe de citoyens ce qu'il veut entendre.
4 000 vidéos produites dans les ministères seront diffusées sur le web (coût : 2,7 millions d’euros). L’Elysée a dépensé 3,28 millions d’euros en sondages en 2008. 5 entreprises vont se partager la manne avec Opinionway : Ipsos, Ifop, CSA, TNS-Sofres,  Isama.

- De l’émotion en promotion
Créer une intimité, parler aux sentiments: les campagnes misent tout sur le pathos

- L’UMP louche sur la stratégie «nudge» de Cameron (l'effet moutons de Panurge)
Exemple : « le meilleur moyen d’inciter les clients d’hôtels à ne pas changer chaque jour de serviette de bain ? Plutôt que de les conjurer de «sauver la planète», c’est de leur indiquer le pourcentage de la clientèle qui s’est converti à cette pratique ».
NKM et Wauquiez préparent une convention sur «les valeurs de la droite» et prospectent les techniques marketing supposées efficaces.

La communication la plus en pointe pourra-t-elle esquiver les choix politiques décisifs ?



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Un problème de vieux cons ?

Jean-Marc Manach était l'invité de Xavier de la Porte dans le dernier Place de la Toile (adresse en mp3) .

Question : La vie privée est-elle menacée par les réseaux sociaux ?
Selon lui, le discours de diabolisation de l’internet se porte très bien. Un des trolls habituels de l’ump veut ne voir sur le réseau que des trafiquants (d’armes, de médicaments, d’objets volés), des psychopathes, des violeurs, des proxénètes, des racistes… En un mot, tous les épouvantails indispensables à son obsession. Au fait, où classer les communicants de son espèce sur le web ?

Pour JM Manach, la vie privée est bien davantage menacée par les innombrables fichiers créées par et pour la police, par leur interconnexion et par le manque de soin et de moyens apportés à leur gestion et à leur suivi.
L’essentiel du budget de sécurité va dans les technologies de surveillance.Toujours selon lui, pour résoudre des problèmes sociaux, il ne faut pas compter sur des machines qu’il faut mais sur l'action et l'engagement d'hommes et de femmes.

C’est grâce à internet, et notamment à la mobilisation contre Edwige, que l’on milite tant en faveur de la liberté individuelle et de la protection de la vie privée (la vraie).

Il évoque aussi l'évolution du rapport à l'image :  depuis 30 ans, tous les jeunes sont filmés en permanence dans leur famille, ou par leurs proches (les albums photos en ligne sont vus par un cercle restreint) ; ils ont assez bien appris à maîtriser leur mise en scène et ils contrôlent assez efficacement leur image.
A l’inverse, dans l’espace public, nous n’avons aucune prise sur l'image que les dispositifs extraordinairement coûteux de vidéosurveillance véhiculent de nous.

Au total, une analyse salutaire face à la tentation permanente d’une gouvernance par la trouille

A compléter par l'ouvrage et par deux articles :
- La vie privée, un problème de vieux cons ?
http://www.internetactu.net/2009/03/12/la-vie-privee-un-probleme-de-vieux-cons/
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/

« Dans La vie privée, un problème de vieux cons ?, je dressais un parallèle entre la façon désinhibée qu’ont les jeunes internautes de se dévoiler sur le Net et la révolution sexuelle, et me demandais si ceux qui sont gênés par cette façon décomplexée de s’exprimer ne seraient pas un peu coincés ».

- Vie privée : le point de vue des “petits cons”
http://www.internetactu.net/2010/01/04/vie-privee-le-point-de-vue-des-petits-cons/

Extraits :
« Et autant je doute que les marchands de données personnelles non plus que les partisans des logiques sécuritaires soient à même d’initier un mouvement d’émancipation similaire à la révolution sexuelle, ou au siècle des Lumières, autant il est effectivement fort possible que le processus d’émancipation, de partage et de libération de nos savoirs et compétences, tel qu’on le voit à l’oeuvre sur l’Internet, dessine effectivement les prémices d’un nouveau monde, moins hiérarchisé, moins contrôlé par en haut, et donc forcément plus démocratique et par le bas ».

Les violences sexuelles dues à l’exposition de soi sur le Net sont en nombre infime en comparaison du nombre d’agressions sexuelles. Mais elles « font l’objet de toutes les attentions médiatiques, au point de devenir un nouveau “marronnier journalistique” habilement exploité par ceux qui voient d’un mauvais oeil ces nouvelles libertés que s’arrogent les jeunes ou qui, faute de savoir utiliser le Net ou d’en comprendre les tenants et aboutissants, ont peur des réseaux, tout simplement ».

« Tout comme on ne peut empêcher les adolescents d’avoir leur propre sexualité, il est vain de chercher à vouloir les empêcher de s’ébattre sur le Net. Et de même que les cours d’éducation sexuelle ne se limitent pas à l’évocation des MST, du sida, des agressions sexuelles et des grossesses non désirées, il serait bon de commencer à envisager la possibilité de ne plus diaboliser le Net, ni d’infantiliser les internautes adolescents… ».

Posté par clioweb à 07:07 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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