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Victor Baudin (1811-1851) sur la barricade du faubourg Saint-Antoine le 3 décembre 1851
tableau de Ernest Pichio dit Piq, 1869, 128 cm *197 cm - Musée Carnavalet
http://www.carnavalet.paris.fr/fr/collections/victor-baudin-1811-1851-sur-la-barricade-du-faubourg-saint-antoine-le-3-decembre-1851



Jean-Baptiste Alphonse Victor Baudin,
né le 23 octobre 1811 à Nantua (Ain) et mort à Paris le 3 décembre 1851.

Le 3 décembre, Baudin, député démocrate-socaliste compte parmi la poignée de républicains qui rejoignent le faubourg Saint-Antoine dans l'espoir de rallier à leur cause les habitants des quartiers populaires parisiens. Peu après 8 heures, debout sur une barricade, il est mortellement touché à la tête.

« Alain Garrigou s'est mis sur les traces de ce « mort héroïque », qui devint, une fois passé de vie à trépas, une icône républicaine. Non pour en raconter l'existence, qui n'a en soi rien d'exceptionnel, mais pour retracer sa « vie posthume » qui, elle, est digne d'un vrai roman ». Thomas Wieder dans Le Monde des livres, 14/05/2010 à propos de l'ouvrage d'Alain Garrigou***, Mourir pour des idées, La vie posthume d'Alphonse Baudin publié par  Les Belles Lettres 2010.

Les républicains en font un martyr. Victor Hugo le fait mourir à 33 ans dans Histoire d'un crime (publié en 1877).
Le pouvoir bonapartiste essaie d’abord d’en faire un « enragé », dont l’assassinat aurait été une mesure de salut public. Puis compte sur l’oubli de cette mort tragique.

En 1868, une souscription est lancée pour « un monument à ce représentant héroïque ». Cette fois, le pouvoir poursuit Charles Delescluze, directeur du journal Le Réveil. Léon Gambetta assure sa défense : « Il est donc clair qu'on n'a pas sauvé la société en mettant la main sur le pays… La volonté du peuple ne saurait changer la force en droit, pour détruire le peuple lui-même ».

 

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source : http://1851.fr

En décembre 1871, une première commémoration a lieu au cimetière Montmartre où un monument est érigé sur la tombe
En mai 1879 : une plaque est posée sur la maison devant laquelle il est mort. On peut y lire : « devant cette maison est tombé glorieusement Jean-Baptiste Alphonse Baudin, représentant du peuple pour le département de l'Ain, tué le 3 décembre 1851 en défendant la Loi et la République ».

Le 4 août 1889 Baudin a droit à la panthéonisation.

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Une statue est édifiée en 1901
source : http://1851.fr

sources :
- La résistance au coup d'état du 2 décembre 1851,
d’après 1851, le site web de l’Association pour la mémoire des résistances républicaines.
http://www.1851.fr
Thèmes indexés : Chanson, Élections, Motivations, Femmes, Mémoire, Occitan, Sociétés secrètes, Sociabilité...
http://www.1851.fr/themes/sommaire.htm
http://www.1851.fr/documents/monuments/monuments.htm

Marc-Antoine Brillier, ancien représentant du peuple (1809-1888)
http://www.1851.fr/auteurs/brillier/partie_1_4.htm

- Alphonse Baudin, sur le site Portraits et monuments de l’Ain (7 clichés)
http://www.portraits-monuments-ain.fr/pages/fiche_baudin.html
dont
Une photographure d'après le tableau de E.L. Pichio
Le cénotaphe par Aimé Millet
Une lithographie du monument livré en 1872

- Baudin sur le site de l’Assemblée nationale
http://www.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche.asp?num_dept=9418

*** « L'actualité d'Alain Garrigou, ce printemps, n'est pas qu'éditoriale », écrit Thomas Wieder dans Le Monde. « Elle est aussi judiciaire. Ce professeur de science politique à l'université de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui vient de publier une biographie d'Alphonse Baudin, est en effet poursuivi pour diffamation publique par Patrick Buisson, conseiller opinion de Nicolas Sarkozy à propos d’un entretien publié par Libération le 6 novembre 2009 ».