05 octobre 2009

Le web est-il socialiste ?

- Le web est-il socialiste ?

La dernière Place de La Toile prend appui sur un article de Kevin Kelly "The New Socialism: Global Collectivist Society Is Coming Online" (le titre est explicite : le collectivisme, ce n'est pas la social-démocratie mais le communisme soviétique).
Wired 22/05/2009

Kelly analyse les pratiques culturelles rendues possibles par le web 2.0, du partage des photos et des vidéos sur des plate-formes comme Youtube ou Flickr, à l'amorce d'une indexation (tags), voire la programmation à plusieurs mains des logiciels libres. Il souligne la passion du partage (sharing, cooperation, collaboration, collectivism). Pour lui, cette socialisation numérique ("technological socialism) "can be seen as a cultural OS that elevates both the individual and the group at once".

KK s'interroge enfin sur la traduction politique de cette socialisation numérique (il note sa faiblesse électorale, 0,63 % pour le parti pirate suédois). il cite Yochai  Benkler (The Wealth of Networks) : "I see the emergence of social production and peer production as an alternative to both state-based and market-based closed, proprietary systems".

.
Dans l'émission, la question de l'étiquette politique revient à plusieurs reprises : y a-t-il des usages de gauche et de droite ? Le web multi-centré met-il en difficulté la gauche jacobine ? Faut-il mettre l'accent sur l'individu ou sur le social ? On y parle même de JB Say et de Tocqueville...

Yann Moulier Boutang décrit  la sphère de pollinisation (créer les conditions d'accès et de travail permettant de mobiliser l'intelligence collective). Il oppose l'échange marchand  qui restreint et l'économie du don et de la contribution qui libère. Selon lui, Didier Lombard a très bien compris la mutation stratégique imposée à France Telecom (passer des tuyaux aux contenus), mais comme tous les grands groupes qui veulent imposer le Minitel 2.0 (les contenus centralisés et payants), il n'a pas compris l'intérêt du partage et de l'accès gratuit.

Les hadopieurs veulent appliquer des règles issues du vieux capitalisme et du monde industriel. Dans ce monde, partager c'est se priver. C'est un contresens total : dans l'économie matérielle, partager un savoir n'est ni une perte et ni un sacrifice. Au contraire, ce qui est mis à disposition peut revenir enrichi par les autres internautes ; la capacité à partager est même un des critères de notoriété dans le web 2.0.

Vers la 45e, Xavier de la Porte parle des biologistes de Santa Barbara qui ont appliqué en l'inversant l'algorithme de Page Rank (Google) à l'écosystème et à douze chaînes alimentaires.

Le prochain s’intéressera au détour heureux (la sérendipité), évoqué en juillet sur ce blog à la suite de Francis Pisani.

Posté par clioweb à 07:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]