03 septembre 2009

Les valeurs du service public usurpées

Comment l'entreprise usurpe les valeurs du service public, Danièle Linhart, Le Monde diplomatique sept 2009.
Article à venir en ligne dans un mois

Extraits d'une analyse en rupture avec les préjugés déclinistes et populistes martelés depuis quelques années :

« En effet, comme le montrent toutes les enquêtes, c’est dans le secteur public que l’engagement, la loyauté, le dévouement apparaissent comme des qualités répandues. Les agents sont souvent très impliqués dans leur travail, s’identifient à leur institution et à leurs missions, sont capables de se dépenser de façon désintéressée, sans quêter en permanence de la reconnaissance. Bien sûr, Ces comportements n’existent pas partout. Il y a - chacun a pu en faire l’expérience malheureuse - des agents tire-au-flanc, déraisonnablement tatillons, autoritaires ou peu scrupuleux. Mais ce n ‘est pas la dominante. Lorsque les conditions s’y prêtent, on voit s’affirmer une conscience. professionnelle moulée dans la spécificité du service public ».

« Si la logique bureaucratique et le respect du règlement sont omniprésents, ils peuvent être tenus à distance par le métier, et le sens du public… »
« Même quand le travail est peu autonome et peu valorisant, la plupart des agents … parviennent à tempérer les effets négatifs de la rigueur bureaucratique »
«  Les agents tirent du fait d’appartenir au service public une fierté et surtout une sérénité…ils sont conscients d’incarner l’esprit républicain et de garantir l’intérêt général… »

On comprend que cela ait fait rêver les dirigeants du privé. Ils ont réussi à créer une variante dénaturée de ce modèle.
Ils ont changé les mots : on n’est plus ouvrier mais opérateur ou collaborateur ; le chantage à la guerre économique leur sert pour peser sur les rapports sociaux.
« Les salariés du privé sont sommés de toujours faire primer l’intérêt de leur (seule) entreprise, même si c’est au détriment de celui des clients ou de la société en général ».
« Les salariés du privé sont désormais confinés dans le (double) périmètre de la rentabilité de leur entreprise et de leur satisfaction narcissique »…Ils ont du mal à remplir les exigences de productivité, et doivent puiser dans leurs ressources les plus personnelles pour les atteindre. Ils sont en concurrence permanente les uns avec les autres … sans possibilité de faire appel à la solidarité qui armait auparavant le monde ouvrier.
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Posté par clioweb à 07:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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